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Bassidji, un film de Mehran Tamadon
Catherine Dussart et Aloest production
Sortie Salles 20 octobre 2010
Plus d’informations sur http://www.bassidjimovie.com/
Bassidji, un film à plusieurs lectures, un film avant tout à écouter…
Ce film documentaire recueille des témoignages, livrés avec confiance, dont les propos lucides semblent pourtant souvent mal compris. C’est une discussion de l’intérieur sur un sujet intérieur : le régime d’un pays, sa foi, ses applications, ses valeurs…
Tout commence sur une montagne par un discours émouvant lors d’un pèlerinage en mémoire des martyrs de la guerre Iran/ Irak, morts pour une cause. Croire et se battre pour ce en quoi on croit …Admiration déjà difficilement compréhensible dans une société occidentale qui n’a plus de sens et ne croit plus en rien, préférant privilégier les intérêts personnels et économiques plutôt qu’humains et environnementaux.
Puis, de nombreux thèmes, polémiques, sont abordés, avec franchise. Sur la question de la tenue vestimentaire des femmes, il est dit justement que si quelqu’un est dans un pays islamique, qu’il doit en respecter les règles. Ce qui vaut en réciprocité…Parler d’éviter la tentation à l’occident, qui la provoque et la vante, traduit hélas un fossé moral entre deux sociétés, l’une peut être trop conservatrice et l’autre ne discernant plus le bien et le mal et voulant pourtant imposer son modèle de pensée, de culture, unique, dominante, même dans ses erreurs et ses immoralités. Alors, comment s’étonner de cette peur d’invasion culturelle ? Le quotidien moderne est souvent allergique aux rites, traditions, et croyances, alors quel décalage temporel avec ceux qui pratiquent encore des actes comme la flagellation pour dominer leur corps et se préparer à recevoir la souffrance…
Au fil de cette réalisation, certains mots et gestes passent presque anodins, mais sont peut être ce qui manque aussi à l’occident. Cette quête de pureté, de rejet des taches et de salissures spirituelles devraient être une valeur minimale, invariante, et commune, étant source d’élévation et de dignité d’une société. Mais l’occident choisit de promouvoir une course incessante à la possession et aux plaisirs stériles, déboussolant qui ne respecte rien sous prétexte de liberté, sous l’étendard brandi, parfois qu’en surface, des droits de l’Homme.
« Il n’y a qu’un seul monde que les hommes ont divisé en deux » déclare une jeune iranienne. « La diplomatie est de faire la guerre avec le sourire aux lèvres » phrase du Guide Suprême rapportée par un autre, mais malgré ces réponses logiques et argumentées de personnes interviewées, on sent l’œil dubitatif de la caméra dans cet échange pacifique aux visions parfois opposées. Alors dans ce regard échangé, quel sera le vôtre ?