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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:41

 

Un aviateur était passé sur ma planète. Il m'avait demandé si j'avais vu une rose. Je ne savais pas ce que c’était. Il n'y en avait pas dans mon désert. Alors, je me demandais à quoi ça servait. S'il la cherchait, ça devait être utile, peut-être pour voler. Ça ne devait pas avoir d'importance pour le petit prince, car il l'avait laissée, pourtant, elle lui appartenait. Je décidais de le chercher pour qu'il me guide à elle. Il devait savoir encore où elle était. Je voulais voir à quoi ça ressemblait, une rose.

 

Après avoir longtemps marché, je ne voyais toujours rien. Je ne trouvais pas le petit prince. Tout était vide. Soudain un serpent apparut :

« - Que cherches-tu ? »

« -Je cherche le petit prince. »

« -Il y a mieux à faire. Il n'y a plus de petit prince.Tu es grande, tu devrais savoir. Je l'ai piqué. Il n'a plus de corps. Il est mort. Ca ne sert à rien de le chercher. Il n’existe plus... »

 

Je savais qu'il me trompait. « - Tu mens. Le petit prince est vivant. La mort n'est qu'un mirage, un effet de lumière. Tu fermes ton cœur pour ne pas voir que ce n’est qu’un passage et tu préfères regarder le cocon vide. Tu sais que le corps n'est qu'une écorce. C'est ce qu'il y a sous l'écorce que je cherche, ce qui l'a animé et qui va ailleurs, et toi, ce qui te rend ton venin et t'anéantit. »

 

Alors le serpent agacé me dit « Tu as des yeux d'enfant mais… »

« Vas-t-en ! Je ne veux pas parler avec toi. Tu nous tracasses tout le temps et tu déformes tout. Tu vas me rendre si triste, que je vais retourner m’enfermer sur ma planète, en croyant qu’il n’y en a pas d’autres et que les roses n’existent pas. Rien n'est droit avec toi, de ta langue fourchue à ton corps qui ondule. Rien n'est clair dans le verbe que tu tords. »

 

Mais pendant que je finissais de parler, le croyant parti, je réalisais qu’il essayait de s'enrouler et de me mordre au talon. « Vas-t-en, te dis-je ! Ce n'est pas toi que je cherche. Toi, tu ne me rends pas heureuse parce que tu ne dis pas la vérité. » Alors il disparut.

 

Je continuais la route. La chaleur m'épuisait. J'avais soif et il n'y avait pas de source, aucun oasis pour se rafraichir, comme si cette planète n'avait pas d'eau, pas de vie, pas d'âme.

Dans mon désert,  il y avait de l'ombre. Ici, il n'y en avait même pas, pas un ricin, pas un brin d'olivier. J'envisageais de repartir, mais je ne pouvais pas. Peu à peu, le sable m'enlisait. Je me sentais lourde, je transpirais et j'étouffais. Je compris qu'il m'avait mordue.

 

Il y eu un voile noir après toute cette lumière. Soudain, je vis un champ de blé, à côté, un renard le contemplait

« -Bonjour ! » Dis-je au renard

« - Bonjour. » Me répondit-il assez sauvagement

« - As-tu vu le petit prince ? »

« - Oui, je l'ai rencontré. Il m'a apprivoisé. Il est toujours présent par les liens qu'il tissés. Tu sais, les liens, ça résiste au temps et aux illusions. Je sais qu'il est aussi quelque part. »

Mais je commençais à en douter:

« - Comment sais-tu qu'il existe encore si tu ne le vois pas? »

« - Je ne sais pas où il est en dehors de ce qui me le rappelle, mais je sais qu'il existe - L'essentiel est invisible aux yeux- Il a peut être retrouvé la rose qui l'avait apprivoisé. Il en est responsable. »

 

Je répondis avec des sanglots dans la gorge.

« -Mais il l'a quittée. En partant loin d'elle, il s'est fait mal. Il a rencontré un serpent qui l'a piqué. Après, il a disparu sous le sable. »

Je commençais à comprendre que tout ça n'était pas utile, mais que ça avait de l'importance, et que les histoires des grandes personnes, elles, n'en avaient pas.

 

Je partis en pleurant, en me disant que le serpent avait peut-être raison. Le petit prince était mort et la rose avait été dévorée par le mouton, parce qu'elle ne voulait plus se protéger des bêtes si le petit prince ne revenait plus la voir et il n’était pas revenu. Il n'y avait plus de sens. Plus rien à chercher. Cette planète était absurde. Je décidais alors de la quitter. J'ouvris les yeux, j'étais immobile sous le sable.

 

Mais soudain, je m'éveillais à nouveau. Je sentis un champ de roses. Je n'en avais jamais vu avant. Je compris que s'en était, à cause de leur parfum. Ici, le mouton ne les avait pas mangées. Puis, un peu plus loin, j'entendis une petite toux, légère et gaie. Je vis une rose, semblables à toutes les autres, peut-être, juste un peu plus petite, et sous un globe. Alors je compris que c'était la rose du petit prince. Il était mystérieusement revenu, pour elle, car il y avait en lui quelque chose de plus grand que lui, quelque chose qu'on ne voit pas avec les yeux, mais avec le cœur. Je compris que pour les voir, moi aussi, j’étais à nouveau devenue petite et vivante.

 

 

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Published by Aurore Poret - dans POESIE
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